Bruxelles
Ce qui est vrai à Bruxelles
31 octobre 2026
Bruxelles de ce livre est la vraie ville. Les rues existent. La rivière aussi. Matthy, Lidia, Woutje, le Grisâtre et la clé sont une histoire.
La Senne passait au milieu de la ville. Elle sentait mauvais. Entre 1867 et 1871, on l’a enfermée dans deux tunnels de briques. On a posé les boulevards par-dessus, et la Bourse avec ses colonnes. Le boulevard Anspach marche au-dessus de l’eau. Le canal, lui, reste à l’air libre. Ce n’est pas la même eau. Le Maelbeek est encore une autre rivière. Il a une station de métro. Il ne passe pas sous la Bourse.
On raconte que le vieux nom, Broekzele, voulait dire une maison dans le marais. Bruxelles a commencé sur une île de la Senne. Cette île est devenue la place Saint-Géry, juste à côté de la Bourse. L’île a disparu quand on a couvert la rivière. Le quartier est resté. Le vieux centre a cinq côtés. On l’appelle le pentagone.
Sous la place Sainte-Catherine, il reste la tour Noire, Zwarte Toren. C’est un morceau du premier mur, celui du treizième siècle. La Senne sortait de la vieille ville juste à côté. L’église d’aujourd’hui est à la place d’un bassin, comblé depuis.
Sur la Grand-Place, sous la galerie, Everard t’Serclaes est couché en bronze. Les gens frottent son bras. Ils disent que ça aide à revenir. L’hôtel de ville est en face. Tout en haut, saint Michel est doré. À côté, la Maison du Roi : aucun roi n’y a habité. En flamand, on dit Broodhuis, la maison du pain. C’était la halle où on le vendait.
Le chien de bronze lève la patte au coin de la rue des Chartreux et de la rue du Vieux-Marché-aux-Grains, pas loin de Saint-Géry. Autrefois, on vendait le blé dans cette rue. Tous les deux ans, une grande parade porte le nom du chien. Tout le monde peut en être, même ceux qui ne sont pas nés ici.
Le 9 août, la ville plante un hêtre, le Meyboom, avant cinq heures du soir, au coin de la rue des Sables et de la rue du Marais. Si on rate l’heure, on raconte que Louvain prend le privilège. Les géants marchent avec l’arbre : Jan et Mieke, et les grands-parents. Ce n’est pas l’Ommegang. L’Ommegang, ce sont les chevaux, les bannières et les costumes.
Le Manneken-Pis est rue de l’Étuve. La ville lui prête des centaines de costumes. Il n’a pas de chapeau pointu. Le bonhomme au chapeau, dans cette histoire, est quelqu’un d’autre.
La place du Jeu de Balle, aux Marolles, ouvre tous les matins depuis 1873. En flamand, on dit Vossenplein. Avant, les vieilles choses se vendaient place Anneessens. Une année sur deux, en août, la Grand-Place devient un tapis de bégonias.
Le théâtre Toone joue dans une impasse, près de la rue des Bouchers. Les marionnettes parlent bruxellois. Leur ket s’appelle Woltje. Woutje, le lutin de la Senne, n’existe que dans ce livre.
La fleur jaune de la ville est l’iris. Elle pousse les pieds dans l’eau.